Le tritium, substance radioactive, est-ce dangereux ?

Le tritium, une substance radioactive, est-ce dangereux pour la santé ? Le tritium est bien présent dans l’eau du robinet, en particulier le long de la Loire et en Ile-de-France, mais les taux mesurés sont très loin du seuil maximal fixé par les autorités. Et lui-même est très inférieur au seuil sanitaire établi par l’OMS. Mind Businesss vous dit tout dans cet article.

Sommaires :

  • Qu’est ce que le tritium ?
  • Dans quelle quantité le tritium a été détecté ?
  • Les quantités sont elle dangereuses ?
  • Conclusion

Qu’est ce que le tritium ?

Qu’est ce que cette substance ? Le tritium, substance radioactive est-ce dangereux pour la santé ? Le tritium, de symbole 3H ou Ta, est — comme notamment le protium et le deutérium — l’un des isotopes de l’hydrogène. Son noyau, appelé le triton, possède un proton et deux neutrons. Il a été mis en évidence en 1934, par Ernest Rutherford, dans la réaction nucléaire. Il est relativement rare à l’état naturel (environ 1 atome de tritium pour 1018 atomes d’hydrogène), mais est émis dans l’environnement par l’industrie nucléaire.

La Terre est soumise au rayonnement cosmique et dans la haute atmosphère celui-ci provoque une réaction chimique des atomes d’azote et d’oxygène qui crée du tritium.

Ce tritium se combine ensuite à de l’oxygène, comme l’aurait fait un atome d’hydrogène non radioactif, pour former de l’eau, mais de l’eau tritiée. Et celle-ci se mélange ensuite aux rivières, fleuves, mers et océans, via le cycle naturel de l’eau, précise l’IRSN. La Terre a ainsi en permanence 3,5 kilos de tritium naturel.

Les essais nucléaires menés en plein air, principalement entre 1945 et 1963, ont aussi rejeté dans l’atmosphère du tritium. Avec le temps, celui-ci a perdu de sa radioactivité, mais en 2007, il restait encore 40 kilos de ce tritium à la surface du globe. Le tritium est cancérigène et mutagène pour l’homme dans le cas d’une exposition aiguë à de très fortes doses, comme dans le cas d’un accident nucléaire.

Dans quelle quantité le tritium a été détecté ?

Alors le tritium, substance radioactive, est ce dangereux pour la santé. A partir des données datant de 2016 et 2017, l’ACRO a établi une carte des zones où du tritium avait été détecté. Alors, est ce que le tritium, substance radioactive, est dangereux pour la santé dans les quantités mesurées.

La carte de l’ACRO recense 268 communes concernées. Au nord de Dijon, près du centre de recherche nucléaire de Valduc, des taux de 8 à 17 becquerel par litre (Bq/l) ont été mesurés. Du tritium a également été retrouvé à Châtellerault (23,2 Bq/l), dans la Vienne, et dans une dizaine de communes avoisinantes. Entre les environs de Nogent-sur-Seine et de Fontainebleau, la dizaine de relevés va de 6,5 Bq/l à 17 Bq/l en aval de la centrale de Nogent.

L’Ile-de-France concentre la plupart des villes affectées : de Colombes aux Ulis à l’ouest et de Noisy-le-Grand à Corbeil-Essonnes à l’est. Du 16e arrondissement au 18e en passant par le 13e, Paris n’est pas épargné. Mais là encore les taux mesurés sont très faibles : il est de 0,8 Bq/l dans le 19e, par exemple. D’autres mesures montrent des concentrations de 6,5 Bq/l à Brie-Comte-Robert, 10 Bq/l à Boulogne-Billancourt, Ivry-sur-Seine ou Massy, par exemple.

Carte exposition au tritium substance radioactive est ce dangereux pour la santé
Carte exposition au tritium

L’autre secteur géographique touché est la vallée de la Loire : Orléans (5,5 Bq/l), Blois (9,6 Bq/l), Tours (11,9 Bq/l). A partir de Saumur (11,6 Bq/l), autour d’Angers (15,9 Bq/l), la zone concernée s’élargit jusqu’aux portes de Cholet. Puis on retrouve du tritium autour de Nantes (14 Bq/l) jusqu’au bord de l’estuaire de la Loire.

Les quantités sont elle dangereuses ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini un seuil sanitaire de 10 000 Bq/l à partir duquel l’eau n’est plus considérée comme potable. le Code de la santé publique fixe une référence de qualité à 100 Bq/l. Il s’agit là d’une transposition dans le droit français d’une réglementation européenne visant à une harmonisation des pratiques au sein de l’UE. En retenant ce seuil sanitaire de 10 000 Bq/l, l’OMS a fait le calcul suivant, poursuit le directeur de la santé de l’IRSN. En consommant deux litres d’eau par jour pendant un an contenant 10 000 Bq/l de tritrium, la dose de radiation à laquelle on s’expose équivaut à celle reçue au cours d’un vol Paris-Tokyo.”

Conclusion

Dans son livre blanc du tritium, l’ASN constate qu’il existe un débat au sein de la communauté scientifique sur la radiotoxicité du tritium. Celle-ci pourrait avoir été sous-estimée et pourrait être en réalité deux fois plus importante. Mais quand bien même, la marge de sécurité reste grande. La référence de qualité retenue par la France étant cent fois inférieure au seuil sanitaire fixé par l’OMS, même si ce dernier devait être révisé de 10 000 Bq/l à 5 000 Bq/l, la norme française serait encore cinquante fois plus basse, à 100 Bq/l.

En tout état de cause, la Commission internationale de protection radiologique n’a pas revu sa position, estimant qu’il fallait encore poursuivre les recherches. Par précaution, la Criirad, un autre laboratoire associatif travaillant sur le nucléaire, réclame tout de même l’abaissement de cette référence de qualité à 10 Bq/l, dénonçant la banalisation des contaminations en tritium.

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